Pucerons des racines du cannabis : infestation, dégâts et lutte
Pucerons des racines du chanvre : une infestation invisible dans la zone racinaire
Mis à jour : octobre 2026 | Pucerons des racines du chanvre et du cannabis : caractéristiques, symptômes, diagnostic, confusions possibles, mesures et prévention.
Auteur : équipe Cannapot Grow | Temps de lecture : environ dix-sept minutes

L’essentiel en un coup d’œil
✓ Les pucerons des racines sont des pucerons qui se nourrissent de la sève et colonisent principalement les parties souterraines des plantes. Chez le cannabis, l’espèce Rhopalosiphum rufiabdominale, appelée puceron des racines du riz, est notamment documentée scientifiquement comme ravageur.
✓ Ces petits pucerons vivent surtout sur les racines, mais peuvent également se trouver dans le substrat et à la base de la tige. Les individus ailés permettent leur propagation vers d’autres plantes et peuvent parfois être repérés sur des pièges englués jaunes.
✓ Une infestation importante peut perturber le développement des plantes et provoquer un ralentissement de la croissance, un jaunissement des feuilles ou un flétrissement. Ces symptômes ne sont toutefois pas spécifiques et peuvent également résulter d’autres ravageurs ou de problèmes racinaires.
✓ Il ne faut pas confondre les pucerons des racines avec les larves de sciarides. La forme du corps, la présence de pattes et l’examen direct des insectes dans la zone racinaire permettent de les différencier. Les symptômes visibles ne suffisent pas à établir un diagnostic fiable.
✓ Une lutte ciblée commence par l’identification certaine du ravageur. Il convient d’inspecter les nouvelles plantes avant leur introduction, d’isoler autant que possible les sujets infestés et d’examiner soigneusement les racines. Des contrôles réguliers permettent de suivre l’évolution de l’infestation et d’évaluer l’efficacité des mesures prises.
Un plant de cannabis pousse soudainement plus lentement, ses feuilles jaunissent ou commencent à flétrir malgré des soins apparemment optimaux. On soupçonne souvent d’abord des erreurs d’arrosage, des problèmes nutritifs ou une pourriture racinaire. Pourtant, un ravageur presque invisible dans le substrat peut aussi être responsable : les pucerons des racines. Comme ces petits insectes vivent principalement sous la surface du substrat, leur présence peut passer longtemps inaperçue.
Une espèce particulièrement importante pour la culture du cannabis est le puceron des racines du riz, Rhopalosiphum rufiabdominale, connu à l’international sous le nom de Rice Root Aphid. Sa présence sur Cannabis sativa est scientifiquement documentée. Une forte infestation peut compromettre le développement des plantes. Cependant, ni le jaunissement des feuilles ni le ralentissement de la croissance ne constituent des preuves spécifiques. Seul un examen ciblé de la zone racinaire permet un diagnostic solide.
Ce guide Canna Wiki traite les pucerons des racines comme un problème phytosanitaire à part entière et présente leurs caractéristiques, les dommages possibles ainsi que les méthodes adaptées de diagnostic et de lutte. Les autres causes de flétrissement, de feuilles jaunes ou de troubles de croissance sont détaillées dans notre dossier consacré aux problèmes et maladies du cannabis.
Que sont les pucerons des racines du cannabis ?
Les pucerons des racines sont des insectes suceurs de sève de la famille des Aphididae, qui colonisent principalement les parties souterraines des plantes. Alors que de nombreuses espèces de pucerons vivent sur les feuilles et les jeunes pousses, les espèces radicicoles se trouvent surtout sur les racines. Elles prélèvent la sève des tissus végétaux à l’aide de leurs pièces buccales piqueuses-suceuses.
Chez le cannabis, le puceron des racines du riz Rhopalosiphum rufiabdominale est particulièrement bien documenté. En 2020, Cranshaw et Wainwright-Evans ont décrit Cannabis sativa comme une plante hôte de cette espèce en Amérique du Nord. Tous les pucerons des racines n’appartiennent cependant pas nécessairement à cette espèce. Une identification précise peut nécessiter un examen microscopique et des connaissances spécialisées en entomologie.
Son nom commun fait référence au riz, l’une de ses plantes hôtes connues. Cette espèce ne dépend toutefois pas exclusivement du riz et peut coloniser d’autres végétaux. Pour la culture du cannabis, sa capacité à s’établir dans la zone racinaire des systèmes de production protégés et à y rester longtemps inaperçue est particulièrement importante.
À quoi ressemblent les pucerons des racines ?
Les pucerons des racines sont de petits insectes au corps mou, dotés de six pattes et de pièces buccales piqueuses-suceuses. Le puceron des racines du riz présente un corps plutôt arrondi ou en forme de poire, de couleur vert foncé, vert olive ou brunâtre. Des zones brun rougeâtre peuvent parfois apparaître sur l’abdomen. La coloration étant variable, elle ne permet pas à elle seule une identification certaine.
Le manuel de lutte intégrée de la province canadienne de Colombie-Britannique indique une taille corporelle d’environ 1,6 à 2,2 millimètres pour cette espèce. Ces insectes sont donc en principe visibles à l’œil nu. Ils restent néanmoins difficiles à repérer entre les particules du substrat, les racines très ramifiées ou dans les zones humides. L’examen des racines dégagées et de la base de la tige à la loupe est particulièrement utile.
Chez le puceron des racines du riz, on observe des formes aptères et ailées. Les individus aptères vivent principalement dans la zone racinaire, où ils forment des colonies. Les individus ailés peuvent se disperser vers d’autres plantes et apparaître occasionnellement sur les pièges englués jaunes. La capture d’un insecte ailé ne prouve cependant pas, à elle seule, une infestation de pucerons des racines. Il faut examiner ses caractéristiques morphologiques et, si possible, la zone racinaire.
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Caractéristique |
Puceron des racines du riz |
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Nom scientifique |
Rhopalosiphum rufiabdominale |
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Groupe d’insectes |
Pucerons (Aphididae) |
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Taille du corps |
environ 1,6 à 2,2 mm (selon le manuel de lutte intégrée de Colombie-Britannique) |
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Habitat habituel |
Racines et collet, principalement dans le substrat |
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Formes présentes |
Individus aptères et ailés |
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Mode d’alimentation |
Prélèvement de sève au moyen de pièces buccales piqueuses-suceuses |

Où se trouvent les pucerons des racines sur la plante ?
Les pucerons des racines vivent surtout sur les parties souterraines des plantes. En cas de suspicion, il convient donc d’examiner particulièrement la motte racinaire, les racines fines et la jonction entre la tige et le substrat. Les insectes peuvent se fixer directement sur les racines, se cacher entre les particules du substrat ou former de petites colonies dans des zones rarement visibles lors de l’entretien habituel.
Dans la terre et la fibre de coco, une infestation est souvent plus difficile à détecter que dans les systèmes où les racines sont accessibles. Les systèmes hydroponiques ne garantissent cependant pas une protection absolue. Le manuel de lutte intégrée de Colombie-Britannique indique que ces pucerons peuvent également y survivre dans certaines conditions. Leur capacité à s’établir dépend notamment du système de culture et des conditions de la zone racinaire.
Il ne suffit donc pas d’inspecter uniquement la surface du substrat. Un examen prudent de l’ensemble de la motte peut être bien plus révélateur. Si elle peut être retirée du pot sans dégâts importants, il faut observer à la loupe les racines périphériques et la zone proche du collet.
Quels dégâts les pucerons des racines peuvent-ils provoquer ?
Une forte infestation de pucerons des racines peut perturber la croissance et le développement général d’un plant de cannabis. Ces insectes prélèvent la sève des racines et peuvent affaiblir la plante lorsque leur population est importante. Parmi les signes possibles figurent un ralentissement de la croissance, un jaunissement des feuilles et un flétrissement. En cas d’infestation sévère, la plante entière peut perdre visiblement de sa vigueur.
Ces symptômes ne sont toutefois pas caractéristiques des pucerons des racines. Un excès ou un manque d’eau, des déséquilibres nutritifs, un manque d’oxygène dans le substrat ou des maladies racinaires peuvent produire des effets similaires. Des feuilles jaunes ou une croissance ralentie ne suffisent donc pas à démontrer la présence de pucerons des racines. Avant toute lutte ciblée, il faut constater la présence de ravageurs vivants dans la zone racinaire et les identifier aussi sûrement que possible.
L’ampleur des dommages dépend notamment du nombre de pucerons, du stade de développement de la plante, de l’état de ses racines et des conditions de culture. Aucun seuil économique de nuisibilité généralement reconnu n’a encore été établi pour les pucerons des racines du cannabis. Le simple nombre d’insectes observés ne permet donc pas d’évaluer avec certitude les dégâts subis par une plante donnée.
Le jaunissement des feuilles, le flétrissement ou l’affaiblissement du système racinaire sont des signaux d’alerte importants, mais non des preuves formelles. Seule la découverte de pucerons correspondants sur les racines constitue une base fiable pour décider de la suite.
Pucerons des racines ou sciarides : comment les distinguer ?
Les pucerons des racines sont parfois confondus avec les sciarides ou leurs larves. Ces deux groupes de ravageurs peuvent être présents dans le substrat et, lors d’infestations importantes, s’accompagner d’un affaiblissement des plantes. Leur mode de vie et les dommages qu’ils provoquent sont toutefois très différents. Les pucerons des racines aspirent la sève végétale. Les sciarides sont de petits insectes ressemblant à des moucherons, dont les larves vivent dans le substrat et se nourrissent notamment de champignons, de matières organiques et parfois de racines fines.
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Caractéristique |
Pucerons des racines |
Sciarides |
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Stade nuisible |
Nymphes et pucerons adultes |
Principalement les larves |
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Forme du corps |
Corps trapu et mou, avec six pattes |
Larves allongées, sans pattes, généralement dotées d’une capsule céphalique foncée |
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Mode d’alimentation |
Aspiration de sève au niveau des racines |
Les larves consomment des champignons, de la matière organique et parfois des racines fines |
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Individus ailés |
Pucerons ailés assurant la dispersion |
Adultes ressemblant à de petits moucherons |
Les pièges englués jaunes peuvent capturer aussi bien les pucerons des racines ailés que les sciarides adultes. Ils servent donc à surveiller les insectes volants, mais ne permettent pas de les distinguer sans identification approfondie. En présence d’insectes suspects, il faut examiner leur morphologie à la loupe et contrôler également les racines. Notre guide consacré aux sciarides du cannabis explique en détail comment les reconnaître, les différencier des autres ravageurs et les combattre.

Pucerons des racines, pucerons des feuilles et pourriture racinaire : autres confusions possibles
Tous les pucerons présents sur le cannabis ne sont pas des pucerons des racines. Le puceron du cannabis Phorodon cannabis colonise principalement les parties aériennes, notamment les feuilles, les pousses et les inflorescences. Le puceron des racines du riz Rhopalosiphum rufiabdominale vit au contraire surtout sur les racines. Même si des individus ailés peuvent apparaître au-dessus du sol, les habitats préférés et les modes de vie de ces deux espèces sont nettement différents. Pour en savoir plus sur les pucerons qui colonisent les parties aériennes, consultez notre article Canna Wiki consacré aux pucerons du cannabis.
Une autre confusion possible concerne la pourriture racinaire. Il ne s’agit pas d’une infestation d’insectes, mais d’une dégradation du système racinaire, favorisée par exemple par des agents pathogènes ou par des conditions défavorables telles qu’un excès d’eau persistant et un manque d’oxygène. Des racines décolorées, abîmées ou mourantes ne prouvent donc pas la présence de pucerons des racines. Inversement, ces modifications ne permettent pas à elles seules de conclure à une maladie racinaire particulière. Un diagnostic fiable exige d’examiner séparément les causes possibles. Notre guide sur la pourriture racinaire du cannabis explique comment reconnaître les symptômes et distinguer cette maladie des autres problèmes racinaires.
Diagnostiquer les pucerons des racines avec certitude : étape par étape
Un diagnostic fiable nécessite d’observer directement les ravageurs dans la zone racinaire. Les symptômes aériens, comme les troubles de croissance, le jaunissement ou le flétrissement, peuvent éveiller des soupçons, mais ne suffisent pas à identifier le ravageur. L’examen des racines et des caractéristiques morphologiques des insectes trouvés est déterminant.
1. Repérer les plantes suspectes : Contrôler particulièrement les plantes dont la croissance ralentit, dont les feuilles jaunissent ou qui flétrissent. Noter les symptômes, leur date d’apparition et le nombre de plantes concernées.
2. Examiner la surface du substrat et le collet : Observer attentivement la jonction entre la tige et le substrat. Rechercher de petits insectes mobiles ressemblant à des pucerons. Une loupe suffisamment grossissante facilite l’observation du corps, des pattes et d’autres caractères.
3. Contrôler délicatement la motte racinaire : Si cela est possible sans provoquer de dommages importants, retirer doucement la motte du pot et examiner surtout les racines fines périphériques. Rechercher des individus isolés ou de petits regroupements. Éviter de tirer fortement, de déchirer ou de dégager inutilement les racines afin de ne pas les endommager davantage.
4. Rechercher des insectes entraînés par l’arrosage : Le manuel de lutte intégrée de Colombie-Britannique recommande aussi d’inspecter les plantes récemment introduites après l’arrosage afin de repérer d’éventuels pucerons entraînés par l’eau. Une coupelle claire peut faciliter l’observation des petits insectes dans l’eau de drainage. Un résultat négatif n’exclut toutefois pas une infestation.
5. Identifier plus précisément les insectes trouvés : Les pucerons des racines ont un corps trapu et six pattes. Les larves de sciarides sont allongées, sans pattes et souvent reconnaissables à leur capsule céphalique foncée. En cas de doute, des macrophotographies nettes ou l’avis d’un spécialiste peuvent éviter les erreurs d’identification.
6. Répéter les examens et documenter les observations : Les pucerons des racines peuvent être répartis de manière irrégulière. L’absence d’insectes lors d’une première inspection n’exclut donc pas totalement une infestation limitée ou débutante. Si les soupçons persistent, renouveler les contrôles et consigner les changements observés.
Les pièges englués jaunes peuvent capturer des pucerons ailés et donner des indications sur leur dispersion. Ils ne remplacent cependant ni l’examen des racines ni l’identification précise des insectes capturés. Les captures ne permettent pas non plus d’estimer de manière fiable la population souterraine.
Cycle de vie et propagation dans la culture
Le puceron des racines du riz Rhopalosiphum rufiabdominale peut passer une grande partie de son cycle de vie dans la zone racinaire. Dans des conditions favorables, les pucerons de cette espèce peuvent également se reproduire de manière asexuée, les femelles donnant naissance à des jeunes vivants. Dans les systèmes de culture protégés, des populations peuvent ainsi se développer sans qu’une alternance saisonnière entre différentes plantes hôtes soit nécessaire. Leur développement réel dépend toutefois des conditions environnementales et des caractéristiques de chaque population.
Pour la propagation au sein d’une culture, les pucerons ailés jouent un rôle particulièrement important. Ils peuvent quitter la zone racinaire d’origine, atteindre d’autres plantes et y fonder de nouvelles colonies. Une surveillance attentive est donc essentielle dans les cultures denses ou les installations recevant régulièrement de nouvelles plantes. Les individus ailés peuvent apparaître sur les pièges englués, tandis que les individus aptères restent cachés sur les racines.
Un autre risque est l’introduction de plantes déjà infestées avec leur motte racinaire. Les jeunes plants achetés ou les boutures enracinées peuvent transporter des pucerons des racines dans leur substrat et les introduire discrètement dans une culture jusque-là indemne. Des feuilles d’apparence saine n’excluent pas une infestation cachée. Il faut donc inspecter les nouvelles plantes avant leur introduction et les maintenir temporairement à l’écart en cas de doute.
Que faire en cas d’infestation confirmée ?
Lorsqu’une infestation de pucerons des racines est confirmée, la priorité est d’en limiter la propagation. Les plantes touchées doivent être séparées autant que possible des plantes saines. Il faut ensuite déterminer l’étendue de l’infestation et contrôler également les plantes voisines qui ne présentent pas encore de symptômes visibles.
Les outils, plans de travail, pots et coupelles ayant été en contact avec du substrat ou des végétaux infestés doivent être soigneusement nettoyés. Cela réduit le risque de dissémination involontaire. Pour des plantes isolées très infestées, l’élimination complète de la plante et de son substrat peut également être pertinente, notamment afin de protéger les plantes encore saines.
Le choix des mesures dépend du stade de l’infestation, du nombre de plantes touchées et des conditions de culture. La réglementation applicable sur le lieu de culture joue aussi un rôle important. Aucun traitement unique n’est connu pour éliminer de façon fiable les pucerons des racines dans toutes les situations. La lutte doit donc toujours s’accompagner de contrôles réguliers.
Lutte biologique : que démontre la recherche ?
Pour la lutte biologique contre les pucerons des racines, il faut distinguer soigneusement les méthodes étudiées scientifiquement des recommandations générales de lutte antiparasitaire. Les auxiliaires utilisés contre les pucerons des parties aériennes ou les larves de sciarides ne sont pas automatiquement efficaces contre les pucerons des racines présents dans le substrat. Il est essentiel de vérifier si leur efficacité contre l’espèce concernée a réellement été démontrée dans des conditions comparables.
Une étude publiée en 2025 par Ong et ses collègues a examiné la guêpe parasitoïde Aphelinus varipes. Les chercheurs ont montré que ce parasitoïde pouvait parasiter aussi bien le puceron des racines du riz Rhopalosiphum rufiabdominale que le puceron du cannabis Phorodon cannabis. Dans les conditions étudiées, le taux de parasitisme n’a dépassé 21 % chez aucune des deux espèces. Ces résultats révèlent un potentiel biologique, sans toutefois démontrer une lutte fiable dans les conditions de production commerciale.
Pour les autres auxiliaires également, il faut distinguer l’efficacité démontrée des recommandations générales des fournisseurs. En particulier, pour les nématodes entomopathogènes et les acariens prédateurs, souvent utilisés contre les larves de sciarides, on ne peut présumer d’une efficacité contre les pucerons des racines sans études appropriées. Une recommandation solide exige des données sur l’espèce ciblée, l’application dans la zone racinaire et la réduction effective de l’infestation.
Traitements du substrat et produits phytosanitaires
La lutte contre les pucerons des racines est particulièrement difficile, car une grande partie de la population reste protégée dans la zone racinaire. Un traitement approprié doit atteindre les ravageurs sans soumettre inutilement les racines à un stress. Les produits phytosanitaires employés doivent également être légalement autorisés pour la culture concernée, l’usage prévu et le territoire en question, notamment lors des traitements du substrat ou de la solution nutritive.
Il est déconseillé de recommander systématiquement des remèdes maison, des substances non autorisées ou des rinçages agressifs du substrat. Ces pratiques peuvent endommager les racines sensibles, perturber l’équilibre biologique du substrat ou laisser des résidus indésirables. Pour le cannabis, la question des résidus est particulièrement importante lorsque des parties de la plante sont ensuite transformées ou consommées. Il serait donc peu sérieux de préconiser un dosage universel ou un traitement unique garanti efficace.
Toute personne souhaitant utiliser des produits phytosanitaires doit respecter les autorisations en vigueur et les instructions d’emploi obligatoires du pays concerné. Les résultats scientifiques obtenus sur d’autres cultures ou dans des pays ayant des réglementations différentes ne remplacent pas une autorisation légale pour le cannabis.
L’efficacité d’une mesure ne se juge pas uniquement à la baisse des captures sur les pièges englués jaunes. Il faut surtout vérifier que le nombre de pucerons vivants sur les racines diminue, qu’aucune nouvelle colonie n’apparaît et que l’état des plantes touchées se stabilise.
Prévenir les pucerons des racines : contrôler les plantes et le substrat
La prévention repose avant tout sur la détection la plus précoce possible d’une infestation et sur la limitation de son introduction. Il faut inspecter soigneusement les jeunes plants achetés et les boutures enracinées avant de les intégrer à une culture existante. Outre les feuilles et les pousses, le collet et les parties accessibles de la motte méritent une attention particulière. Une période d’observation séparée peut aider à détecter à temps des ravageurs jusque-là inaperçus.
Un espace de culture propre et bien organisé facilite les contrôles réguliers et réduit les contacts inutiles entre plantes et pots. Nous expliquons les points essentiels de la planification et de l’organisation des espaces de culture protégés dans notre guide sur la culture du cannabis en intérieur ainsi que dans notre tutoriel Construire sa propre growbox.
Dans la culture du cannabis en serre, il est également utile d’inspecter les nouvelles plantes et de surveiller systématiquement les racines. Toutefois, de nombreuses données scientifiques sur Rhopalosiphum rufiabdominale chez le cannabis proviennent d’études menées dans des systèmes de production intensifs et protégés. Les schémas d’infestation et les conditions de dispersion qui y ont été observés ne peuvent donc pas être transposés automatiquement aux cultures de plein air ni à toutes les serres.
Il convient également de nettoyer les pots, les outils et les surfaces de travail avant leur réutilisation. Le substrat usagé ou potentiellement infesté ne doit pas être transféré sans contrôle d’une plante à l’autre. Il est aussi utile de consigner les ravageurs détectés, les plantes touchées et les inspections de suivi. Cela permet de mieux retracer les voies de propagation possibles et de repérer plus tôt les nouvelles infestations.
FAQ : questions fréquentes sur les pucerons des racines du chanvre
Comment reconnaître les pucerons des racines du cannabis ?
La méthode la plus fiable consiste à examiner directement les racines. On recherche de petits insectes ressemblant à des pucerons, installés sur les racines fines, dans la motte ou au collet. Le jaunissement des feuilles, le flétrissement et le ralentissement de la croissance peuvent éveiller des soupçons, mais ne prouvent pas à eux seuls une infestation.
Quelle est la taille des pucerons des racines ?
Le puceron des racines du riz Rhopalosiphum rufiabdominale, observé sur le cannabis, mesure environ 1,6 à 2,2 millimètres selon le manuel de lutte intégrée de Colombie-Britannique. Les stades juvéniles peuvent être plus petits. Les insectes sont en principe visibles à l’œil nu, mais peuvent facilement passer inaperçus parmi les particules du substrat et les racines fines.
Les pucerons des racines peuvent-ils voler ?
Oui. Il existe des formes aptères et ailées. Les individus aptères vivent principalement sur les racines, tandis que les pucerons ailés peuvent se disperser vers d’autres plantes. On les trouve parfois sur les pièges englués jaunes.
Les pucerons des racines et les sciarides sont-ils identiques ?
Non. Les pucerons des racines sont des insectes suceurs de sève au corps trapu et dotés de six pattes. Les sciarides appartiennent aux diptères. Leurs larves vivant dans le substrat sont allongées, dépourvues de pattes et généralement munies d’une capsule céphalique foncée. Bien que ces deux groupes puissent se trouver près des racines, leur mode de vie et les méthodes de lutte appropriées diffèrent nettement.
Les pièges englués jaunes sont-ils efficaces contre les pucerons des racines ?
Ils peuvent capturer des pucerons ailés et signaler leur présence ou leur dispersion. Ils ne capturent cependant pas suffisamment les individus aptères vivant principalement sur les racines. Ils constituent donc surtout un outil de surveillance, et non une méthode de lutte autonome fiable.
Les pucerons des racines peuvent-ils aussi apparaître en hydroponie ?
Oui. Selon le manuel de lutte intégrée de Colombie-Britannique, les pucerons des racines du riz peuvent survivre dans certains systèmes hydroponiques. L’hydroponie ne garantit donc pas une protection absolue. Seule une inspection ciblée des racines permet de confirmer leur présence.
Les feuilles jaunes prouvent-elles la présence de pucerons des racines ?
Non. Le jaunissement peut avoir de nombreuses causes, notamment un excès d’eau, des carences nutritives, des conditions racinaires défavorables ou des maladies. Une infestation de pucerons des racines peut également provoquer ce symptôme. Un diagnostic certain exige toutefois d’observer les ravageurs correspondants sur les racines.
Quels auxiliaires peuvent agir contre les pucerons des racines ?
La guêpe parasitoïde Aphelinus varipes a parasité des pucerons des racines du riz dans une étude publiée en 2025. Les taux observés ne suffisent toutefois pas à démontrer une lutte fiable dans les conditions de production commerciale. Pour les autres auxiliaires également, des études spécifiques à l’espèce sont nécessaires avant de pouvoir évaluer leur efficacité contre les pucerons des racines du cannabis.
Combien de temps faut-il pour éliminer les pucerons des racines après un traitement ?
La durée dépend de l’intensité de l’infestation, des conditions de culture et de la méthode choisie. Il n’existe pas de délai universel fiable. Il est essentiel de contrôler régulièrement les racines afin de vérifier que le nombre de pucerons vivants diminue et qu’aucune nouvelle colonie n’apparaît.
Sources et lectures complémentaires
Cranshaw, W. & Wainwright-Evans, S. (2020): Cannabis sativa as a Host of Rice Root Aphid (Hemiptera: Aphididae) in North America. Journal of Integrated Pest Management, 11(1), 15. Source primaire sur la plante hôte, le mode de vie et la propagation du puceron des racines du riz sur le cannabis.
Government of British Columbia: Integrated Pest Management for Commercial Cannabis in BC. Manuel officiel de lutte intégrée présentant les caractéristiques, les dommages et la surveillance des pucerons des racines du riz.
University of California, Davis: Integrated Pest Management – Rice Root Aphids. Portail spécialisé proposant des ressources complémentaires sur les ravageurs du chanvre.
University of New Hampshire Extension: Hemp Pests in New Hampshire. Présentation du puceron des racines du riz et des systèmes de culture documentés.
Ong, M. et al. (2025): Rice root aphids, Rhopalosiphum rufiabdominale, and cannabis aphids, Phorodon cannabis, are parasitised by Aphelinus varipes. The Canadian Entomologist, 157, e39. Mise en évidence expérimentale du parasitisme ; aucune preuve d’une efficacité établie en conditions pratiques.
